Saut de fréquence simple vs. saut de fréquence synthétisé 30 juin 2001

Bonsoir à tous,

J'ai profité d'une halte dans l'immonde tour de l'Université Paris 1 Tolbiac, à Paris, pour tester les deux types de sauts de fréquence susvisés en situation dégradée, c'est à dire lorsque les brouillages sur la voie radio sont intenses.

Le test s'est déroulé au 16° étage du bâtiment de la fac, soit à plus de 50 m du sol, en visibilité directe de nombreux sites, la vue étant parfaitement dégagée vers le nord.

La distance de réutilisation des canaux, sur les sites GSM, est conçue, en ville, dans le but d'optimiser les capacités de trafic, pour une utilisation proche du sol ou dans les étages moyens, et non pour permettre de téléphoner largement au-dessus du niveau des toits. De gros brouillages intercellulaires étaient donc à attendre dans cette configuration...

Le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu.

Les tests ont été conduits, pour les trois réseaux, sur la voie "descendante" seulement (c'est à dire que j'évaluais la qualité de la comm de mon côté, sans parler à un interlocuteur susceptible de me dire s'il me comprenait ou pas), mais en EFR, ce qui m'a contraint à m'y reprendre à plusieurs fois lors des tests SFR.

L'itinéraire, pour ceux qui connaissent les lieux, a consisté à partir du hall des ascenseurs jaunes, de passer devant les ascenseurs oranges, de faire le tour du  couloir des bureaux administratifs puis de revenir à mon point de départ. Il a été répété quatre fois sur chaque réseau.

Les trois réseaux possèdent à peu près le même nombre de sites dans le coin, SFR et BoT étant mieux reçus dans le bas de la tour qu'Itineris, dont les panneaux de la station du Lycée Claude Monet sont nettement moins bien orientés que ceux des stations proches de ses concurrents (rue Ch. Moureu, rue Edison) destinées à la couverture de cette zone. Au 16° étage, en revanche, les stations sélectionnées en veille sur les trois réseaux présentaient des niveaux de champ comparables.

Itineris :

L'intelligibilité du laïus de la MéVo demeure possible sur les trois quarts du parcours, avec néanmoins une qualité de communication qui n'est jamais parfaite.

Il n'y a pas eu de coupure, mais des handovers parfois malheureux qui rendaient les mots difficilement compréhensibles à quasi-inaudibles avant le handover suivant. En moyenne, un handover toutes les dix secondes, pas forcément sur les mêmes cellules lors de chacun des quatre essais. Il était, la plupart du temps, globalement possible de comprendre les instructions du serveur vocal.

Le RXQual sub était quasiment tout le temps entre 6 et 7.

SFR : Un tout petit peu meilleur qu'Itineris, mais à peine : La présence de la micro-cellule 900 située à l'angle des rues de Tolbiac et Baudricourt permettait une bonne qualité des comms lorsqu'elle était sélectionnée par handover, ce qui n'était pas toujours le cas : Le reste du temps, même situation que sur Itineris, avec toutefois, lors du deuxième trajet, un "blanc" total de cinq à six secondes suite à un handover "malheureux". De nombreux handovers constatés, et pas toujours vers les mêmes cellules (exactement comme sur Iti). La couche 1800 avait néanmoins tendance à être sélectionnée un peu plus souvent par handover que sur Iti.  Zone critique près des fenêtres situées au bout du hall des ascenseurs jaunes, ou la comm était systématiquement inintelligible.

RXqual sub entre 6 et 7.

 BoT : La bonne surprise. Des comms pas parfaites, certes, mais souvent bonnes, en tout cas intelligibles sans exception. Pas un mot ne s'est perdu pendant les quatre tests, sauf un, ponctuellement, lors du premier. On sentait quand même que la qualité de la comm n'était pas au top, mais les "altérations" de la voix demeuraient néanmoins plus faibles, en moyenne, que sur Iti et SFR, même si, à certains moments, il était flagrant que seul la présence de l'EFR permettait de conserver une bonne compréhension des propos, sans avoir à faire d'effort. Le nombre de handovers était nettement moins élevé que sur Iti et SFR (quatre ou cinq en tout, sur chaque trajet, pas forcément sur les mêmes cellules à chaque fois).

 RXqual sub entre 4 et 5, parfois 6, mais rarement, et très ponctuellement 7.

 Iti et SFR utilisent le saut de fréquence simple, avec en moyenne un hopping sur 3 à 4 fréquences dans la zone, et BoT le saut de fréquence synthétisé (ou étendu) avec des séquences de saut d'une vingtaine de canaux.

 Sans connaître avec précison le taux d'occupation de chaque réseau à ce moment là, ni être à même de définir en quoi les choix d'implantation des sites radio (différents pour chaque opérateur) ont pu avoir tel ou tel effet ponctuel dans la situation considérée, il est néanmoins frappant de constater les effets positifs, sur les résultats de ce petit test, que semblent avoir eu le saut de fréquence synthétisé...

 

Il était environ 16 h, et je ne sais, encore une fois, quelle était la charge réelle de telle ou telle cellule de tel ou tel opérateur, mais les grosses différences systématiquement constatées entre les deux types de saut de fréquence me font quand même supposer que le "moyennage" du brouillage intercellulaire en SFE n'est quand même pas un vain mot... Surtout qu'il était très clair que, sur Iti comme sur SFR, certaines cellules étaient beaucoup plus défavorisées que d'autres du point de vue de la capacité à rendre la comm intelligible, ce que je n'ai pas réussi à déterminer avec précision en ce qui concerne BoT.

 

A+,

 

Olivier